沈黙の共同性 : フランスのマヌーシュ共同体における「沈黙の敬意」に関する考察  [in Japanese] La communaute du silence : Reflexion sur le <<silence de respect>> chez les Manouches francais  [in Japanese]

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Abstract

近年、人文社会科学の諸領域において、「語り」が意味生成に関与し、個人と他者や共同体との関係を架橋する社会的行為として注目されてきたのに対して、「語らないこと」や「沈黙」は、共同性に対立する孤立や孤独と結びつけられ中心的に扱われてこなかった。本論文は、こうした研究動向に新たな視座を提示すべく、フランスに暮らすマヌーシュの死者をとりまく「沈黙の敬意」を事例に、沈黙の共同性を明らかにすることを試みた。その際に注目したのは、服喪のあいだに死者をめぐって生じるマヌーシュの沈黙が、これまでの「死の人類学」において指摘されてきた、「個別特異な死者から集合匿名的な祖先への移行」を妨げる側面である。マヌーシュは死者の名前や記憶を口にすることを避け、遺品を廃棄する。先行研究は、この死者に属し死者を喚起するあらゆる有形無形の事物を共同体から排除するマヌーシュの態度を、死者の「忘却」を導き、死者を「集団の永続性」を保障する「匿名の祖先」に変換する手続きとみなしていた。しかし本論文では、マヌーシュの沈黙が、むしろ死者や遺族という共同体内部の個人の存在や体験の「特異性=単独性」を保護するために「敬意」という価値を与えられること、そしてそれがゆえに、個の体験を全体性の中に解消することを阻み、死者から祖先への移行が果たされる服喪の終了を先延ばしにすることを指摘した。マヌーシュの沈黙は、「個の全体への統合」を志向する調和的な儀礼モデルに抗いながら、差異の「分有」としての共同性を開示するのだ。

<p>Le silence est generalement defini par l'absence ou la solitude, par opposition a la parole, qui est une pratique de communication et de communaute. Mais est-il vrai que la communaute ne se trouve pas au sein du silence? Pour illustrer ce propos, nous avons examine le <<silence de respect>> chez les Manouches francais qui font partie des <<Tsiganes>> (Gypsies en anglais). Les Manouches ne parlent pas de leurs morts. Le defunt est ramene de l'hopital et place dans sa caravane durant les trois jours de veillee funebre qui precedent son enterrement. Tous les membres du groupe, y compris la famille eloignee, se reunissent autour de sa caravane pour lui faire leurs derniers adieux, et expriment leur chagrin par des gemissements, des lamentations ou des caresses. Pourtant, une fois l'enterrement termine, le <<silence>> s'instaure autour du defunt. La caravane et les objets lui ayant appartenu sont brules, detruits ou vendus. La famille et l'entourage cessent de prononcer son nom, n'evoquent pas son souvenir. Toutes ces attitudes sont toujours expliquees par rapport au <<respect>> : <<Il ne faut pas le dire, il faut du respect>>. P. Williams, a demontre a ce sujet que le <<silence de respect>> envers les morts n'est rien d'autre que la preservation de l'integrite du groupe. En identifiant le silence a <<l'oubli>>, il explique que le mort <<perd peu a peu ses caracteres singuliers. Il reste une fidelite a une entite - le groupe, les Manus, "nous" - dont les morts maintenant garantissent collectivement, anonymement, la perennite>> (Williams 1993 : 16) . On peut voir, dans cette formulation, l'idee de <<l'integration de l'individu a une totalite sociale>> : par la mort, l'individu singulier accede au statut d'ancetre, fondu dans un collectif anonyme, sans distinction d'individus. C'est ce que montre la plupart des recherches ethnographiques effectuees sur le deuil : en tant que phase liminaire du <<rite de passage>>, la periode de deuil permet de separer le defunt du monde des vivants pour l'accompagner dans celui des ancetres. Cependant, si l'on examine plus attentivement le processus de deuil chez les Manouches, on remarque que ce modele fonctionnaliste (le rite comme integration) n'est pas applicable a leur cas. En effet, le deuil des Manouches se prolonge par le silence qui l'entoure, de facon informelle et individualisee, et par consequent empeche l'accomplissement du rite de passage. Les differents rites de separation exposes par Hertz, Van Gennep et par d'autres ethnologues montrent comment le daunt est depersonnalise pour devenir un ancetre impersonnel, garant de l'ordre social. Cependant chez les Manouches, au contraire le daunt continue de garder sa propre personnalite, grace au silence des vivants qui l'entoure. Decrire les attitudes des vivants a l'egard du nom et des souvenirs se rapportant a un mort nous amene a remarquer que ce silence du respect apparait comme la garantie de la presence irremplacable du mort en tant qu'individu singulier. Ne pas appeler le mort par son nom, car le romano lap, nom utilise au sein de la communaute manouche, est unique pour chaque membre et ne peut etre reutilise ou transmis a un autre individu. Ne pas evoquer les souvenirs du mort, car les evenements qui marquent la vie de chacun sont intangibles et incommunicables. Les Manouches tiennent a la personnalite singuliere du mort et craignent de la detruire par la parole ou l'acte de representation. Sur ce point, la remarque de Williams est exacte : <<La possibilite de faire une erreur tourmente le vivant>> (Williams 1993 : 14) . Toutefois, il faut signaler que les Manouches gardent le silence, non pas pour oublier</p><p>(View PDF for the rest of the abstract.)</p>

Journal

  • Japanese Journal of Cultural Anthropology

    Japanese Journal of Cultural Anthropology 78(4), 470-491, 2014

    Japanese Society of Cultural Anthropology

Codes

  • NII Article ID (NAID)
    110009816100
  • NII NACSIS-CAT ID (NCID)
    AA11958949
  • Text Lang
    JPN
  • ISSN
    1349-0648
  • NDL Article ID
    025480891
  • NDL Call No.
    Z8-240
  • Data Source
    NDL  NII-ELS  J-STAGE 
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